Je me suis mise au régime à mes 12 ans. J’ai depuis ce temps, essayé bien des méthodes de perte de poids toutes plus inefficaces que les autres : gélules, protéines de régimes, substituts de repas, etc. J’étais prête à tout essayer pour perdre du poids.  Puis je me suis renseignée sur la nutrition et sur le sport. J’ai trouvé énormément de réponses quant à l’hygiène de vie que je devais adopter, et ça a fonctionné. Je mangeais beaucoup de légumes, de fruits et de viandes maigres et je m’entraînais environ 3 à 4 fois par semaine. J’ai perdu mes kilos plutôt rapidement, j’avais la silhouette dont je rêvais.

Problème : je ne l’ai jamais vu, et j’ai replongé dans la junk food.

”Quand on n’accepte pas son corps tel qu’il est avec des kilos superflus, on ne l’acceptera pas même une fois ces kilos disparus.”

Le rythme était en effet difficile à tenir parce que je n’y prenais que très peu de plaisir. En fait, j’étais motivée surtout par le fait de ne pas souffrir de mon corps, sauf que c’était toujours le cas. Pourquoi ? Parce que je n’avais jamais appris à l’accepter. Et quand on n’accepte pas son corps tel qu’il est avec des kilos superflus, on ne l’acceptera pas même une fois ces kilos disparus. Beaucoup de femmes comme moi se sont lancées à corps perdu dans l’aventure du fitness et après des mois voire des années d’efforts ont abandonné. Puis, après quelques temps ont retrouvé des photos d’elles dans leur période fitness ; elles se disent alors : ”Et dire que je me trouvais grosse ! Je courrais après un idéal de corps, mais en fait, je l’avais ! Et pourtant je ne l’ai jamais vu … ”.

C’est ce qui se passe quand on fait des choses qui nécessitent de grands efforts et que l’on n’est pas motivés par la notion de plaisir. Ici on veut juste arrêter de souffrir de notre reflet dans le miroir, des critiques qu’on peut recevoir, des vêtements trop petits ou inadaptés en magasin. On finit par détester notre corps et on veut à tout prix le faire changer. On prend alors un abonnement en salle de sport et on s’efforce d’y aller pour changer cette silhouette qu’on déteste tant. La pratique ne nous procure aucun plaisir, seule la motivation apparaît progressivement à mesure qu’on l’on voit notre corps évoluer. Mais on trouve rarement pleine satisfaction dans les progrès que l’on fait, plus on change, plus on en veut. On trouve toujours qu’on a un peu trop de ci, pas assez de ça. Il y a toujours quelque chose qui ne va pas avec notre corps. On est focalisé sur les aspects qui ne nous plaisent pas et on oublie de profiter de nos progrès, on ne les voit même pas.

Ne pas être à l’aise avec son corps, OK. Vouloir perdre du poids grâce au sport et à l’alimentation, pourquoi pas si c’est possible ? Mais il est nécessaire avant tout cela d’accepter votre corps tel qu’il est maintenant. Vous devez d’abord regarder la réalité en face et accepter que ce soit comme ça, POUR L’INSTANT. Vous devez accepter d’être au point A pour avancer et arriver jusqu’au point B. Vous avez déjà essayé de calculer un itinéraire sur votre GPS sans mettre le lieu de départ ? C’est impossible. Il ne suffit pas de savoir qu’on pèse tel poids et qu’on a telle silhouette, il faut l’accepter.

Certains me diront : ”Facile à dire, mais comment faire ?”, ”Si j’acceptais mon corps, j’aurais aucune raison de le changer” ou encore ”Accepter son corps, c’est céder à la facilité. C’est ne pas vouloir faire les efforts pour changer”. En fait, on croit souvent à tort qu’une personne qui accepte son corps, l’aime. Je ne dis pas qu’il ne faut pas aimer son corps tel qu’il est, mais mon propos est simplement de l’accepter, ce qui est déjà pas mal ! Or accepter son corps ce n’est pas du jour au lendemain passer de la haine de son image à un amour inconditionnel voire à l’adoration comme certains le prétendraient. Accepter son corps veut simplement dire que je regarde mon corps OBJECTIVEMENT. Je regarde ses atouts, ses défauts et j’accepte qu’il en soit ainsi. Ensuite, je vois ce qu’il est possible de faire. Je dirai que cette phrase résume très bien ce que je tente de vous expliquer :

”Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer ce que je peux et la sagesse d’en connaître la différence.”  Reinhold Niebuhr, La Prière de la Sérénité.

Si vous souhaitez changer ces choses que vous pouvez changer, tâchez toujours d’apprécier chaque évolution et de ne pas dénigrer votre corps. Si vous le dénigrez, vous aurez en tête une image négative de vous-même et vous ne verrez que cela. Souvenez-vous simplement d’une chose :

Vous ne pourrez pas apprécier vos futures qualités physiques si vous n’appréciez pas celles qui sont déjà les vôtres actuellement.

Bien à vous, Elsa

 

Image : Le Psyché, Berthe Morisot 1876

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