Nombreuses sont les personnes qui souffrent de leurs complexes physiques. Un complexe est un défaut physique (qu’il soit réel ou non) auquel on attache une grande importance et qui peut être aggravé par le regard des autres.

Ces complexes provoquent une réelle souffrance, car les émotions négatives qui en sont à l’origine peuvent être activées par de nombreuses situations différentes. Le simple fait de penser à son poids ou bien l’approche des repas peut provoquer une véritable angoisse chez les personnes complexées. Ces émotions négatives sont la conséquence de croyances encrées dans notre système souvent depuis de nombreuses années, et qui nous font réagir négativement à ces situations activatrices. Ces croyances nous sont transmises depuis l’enfance par nos parents et sont renforcées par nos premières expériences auprès des autres, à l’école ou au collège.

L’enfance est la période d’apparition des complexes. En effet, l’enfance est avant tout la période de construction de l’identité et de l’acquisition des premières croyances au contact de nos parents. Or, un enfant n’a qu’un seul but véritable : recevoir l’affection et la reconnaissance de ses parents. Les complexes apparaissent si ces derniers émettent des jugements ou des reproches par rapport au physique de leur enfant. L’enfant reçoit le message “je ne suis pas assez bien pour mes parents”, “je devrais changer”. L’enfant se sent donc rejeté, il n’est pas assez bien tel qu’il est.

Pire, si les parents faisaient des remarques du type “Arrête de manger comme ça, on dirait un petit cochon” ou “Tu n’as pas honte de t’empiffrer ? Tu vas encore grossir !” Cette fois-ci le message que reçoit l’enfant est “je devrais avoir honte de moi, honte de ma façon de manger, honte de grossir”. Ce message va s’inscrire comme une croyance et conditionner l’enfant à adopter une attitude de culpabilité, qui le plongera dans des émotions négatives à chaque fois qu’il sera face à une situation d’humiliation. Cette culpabilité provoque en plus des tendances à l’auto-critique et à l’auto-sabotage et diminuent drastiquement la confiance en soi nécessaire à l’enfant pour affirmer son identité.

Il arrive aussi très souvent qu’en réaction aux problèmes de poids de leur enfant (qu’ils soient réels ou non), les parents décident de contrôler son alimentation.  Certains n’ont donc pas le droit de se resservir et doivent parfois se contenter d’une compote en dessert alors qu’ils convoitaient une glace au chocolat. Les bonbons sont interdits et les goûters plaisir en rentrant de l’école se font rares. Finalement, alors que la table de repas se veut être l’un des premiers lieu de cohésion sociale, il devient pour l’enfant le premier lieu de rejet et d’exclusion de sa famille. Ce qui endommage fortement la construction identitaire et le sentiment d’appartenance à son groupe social le plus fondateur.

Pour les personnes complexées l’école mais surtout le collège avaient bien souvent des allures d’arène où elles n’étaient que des proies traquées sans cesse par des personnes en recherche de pouvoir et d’influence. En effet, à cet âge, l’esprit de compétition prend une place importante et influe considérablement les relations entre camarades. L’affirmation de l’identité à cet âge passe par la construction de l’image largement influencée par les modes et tendances. Le moindre écart de style est jugé et sujet à des remarques écrasantes. Ces remarques permettent à l’ado qui les profère de se sentir supérieur et de se conforter dans son appartenance au groupe des “populaires”, ceux qui sont dans la tendance et ont de l’influence sur les autres.

Comment les croyances qui nous ont été transmises vont impacter nos expériences de collège ainsi que celle de la vie future ? Si vous avez reçu dans votre enfance, l’information que vous deviez avoir honte de vous, vous serez tenté de le croire fermement, vous en ferez une croyance. Ainsi lorsque vous remarquerez un regard déplacé ou subirez une critique, vous aurez de la difficulté à vous défendre car vous croirez les paroles de votre bourreau, vous ne pourrez pas le contredire. C’est pour cette raison qu’être critiqué fait autant de mal : parce que vous pensez que c’est vrai et que la personne en face de vous réveille cette blessure que vous essayez tant bien que mal de cacher. Voyant que son action fait effet, le bourreau recommencera comme pour affirmer sa supériorité et son influence sur vous. A l’inverse, une personne qui comprend qu’elle doit s’assumer et être fière de ce qu’elle est ne sera pas offensée par la critique, cette dernière ne trouvant pas de résonnance dans l’esprit de la personne. Elle n’hésitera d’ailleurs pas à envoyer bouler celui qui lui fait affront qui comprendra bien vite qu’il ferait mieux de cesser ses jérémiades et qu’il n’aura jamais d’emprise sur sa “victime”.

Les croyances déterminent notre comportement et notre réaction face aux situations. Elles peuvent ainsi être destructrices ou au contraire nous protéger. 

Heureusement nous pouvons modifier nos croyances, grâce à un exercice simple :

Vous devez dans un premier temps identifier les croyances que vous avez. Notez-les sur un papier. Pour chaque croyance notez son opposé et répétez-la au moins 20 fois par jour, devant le miroir si possible. Attention chaque nouvelle croyance doit être notée de façon positive. Exemple : “Je suis toujours critiqué” ne devient pas “Je ne suis jamais critiqué” mais plutôt “Je suis toujours complimenté”. “Il faut fuir les autres” ne devient pas “Il ne faut pas fuir les autres” mais “Il faut communiquer davantage avec les autres”. Faites cet exercice pour chaque croyance qui vous limite aujourd’hui.

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